Joëlle Kem Lika

 
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Luminescences

Exposition du samedi 10 septembre au dimanche 1 janvier

Jeux de lumières du soleil, dans le ciel, dans l'eau...
dans les feuillages, scintillements...
Jeux de couteaux, d'outils fabriqués ou détournés, dans l'action, 
dynamique du geste, puissance des couleurs choisies fortes, gaies, vivantes...
Recherche de vibrations, effets de matières, et transparences, pour créer un moment d'émotion,
une surprise, un arrêt de quelques instants : et le "p'tit miracle" de l'abandon du mental est possible... 
Seul le cœur fait un plongeon dans la vie...?



J'aime infiniment relire le texte ci-dessous, magnifique et malheureusement encore d'actualité.
C'est en pensant à la terre que j'ai eu envie de peindre la lumière dans les forêts, entre les arbres, sur l'eau...

En 1854, le président des U.S.A fit savoir aux Indiens Duwamish des plaines du Nord Ouest, que le gouvernement proposait d'acheter leur terre. 
Les Indiens, premiers habitants de l'Amérique, y ayant toujours vécu en harmonie avec la nature, ne purent jamais s'opposer à cette "conquête". Le chef de la Tribu des Duwamish prononça un discours en réponse à la proposition d'achat du gouvernement. 
Discours prophétique auquel se joignirent au fil des ans et des générations, d'autres voix indiennes pour prolonger celle de Seattle en un écho universel.
Aujourd'hui, encore et toujours, cette réponse vient à nous comme une leçon d'écologie et de vie, c'est à dire de sagesse.
aussi, voici les....


PAROLES DU CHEF SEATTLE
et de ses fils spirituels


"le Grand Chef Blanc, à Washington, nous salue avec de l'amitié et de la bonne volonté. Ceci est gentil de sa part, car nous savons qu'il n'a pas beaucoup besoin de la nôtre, d'amitié.
Il nous fait savoir qu'il veut acheter notre terre et nous laisser une réserve pour y vivre sans encombre.
Cette offre paraît juste et même généreuse, car l'Homme Rouge n'a plus de droits à faire valoir face à l'Homme Blanc qui peut venir avec ses fusils. 
Mais comment pouvez vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre???
L'idée nous paraît étrange.
Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment pouvez vous les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple.
La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'Homme Rouge.
Les morts des Hommes Blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils s'en vont se promener parmi les étoiles.
Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'Homme rouge.
Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous.


Nous savons que l'Homme Blanc ne comprend pas nos moeurs. Pour lui, une parcelle de terre ressemble à la suivante car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin.
La terre n'est pas sa soeur, mais son ennemie, et, lorsqu'il l'a conquise, épuisée, il va plus loin.
Il abandonne même la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux, et le patrimoine de ses enfants sombrent dans l'oubli.
Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes.
Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert. Nos moeurs sont différentes des vôtres.

La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'Homme Rouge. Mais peut être est-ce parce que l'Homme Rouge est un sauvage et ne comprend pas.
Il n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'Homme Blanc. Nul endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte.
Mais peut être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas ?
Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ? Je suis un Homme Rouge et ne comprends pas.

L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant comme une flèche à la surface d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.
L'air est précieux à L'Homme Rouge, car toutes les choses partagent le même souffle : la bête, l'arbre, l'homme, tous partagent le même souffle.
L'Homme Blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire : comme s'il mettait plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur.
Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous rappeler que l'air nous est précieux, qu'il partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre.
Le vent qui a donné à notre grand- père son premier souffle, a aussi reçu son dernier soupir.
Et si nous vous vendons notre terre, vous devrez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l'Homme Blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.


Nous considèrerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidions de l'accepter, j'y mettrais une condition  : l'homme blanc devra traiter les animaux de cette terre comme ses frères.
Je suis un sauvage et ne connais pas d'autre façon de vivre.
J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'Homme Blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous tuons, nous, uniquement pour subsister.

Qu'est ce que l'Homme sans les bêtes ?

Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme.
Toutes les choses se tiennent.
Vous devrez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race.
Enseignez leur ce que nous avons toujours enseigné aux nôtres : que la terre est notre mère. Et que tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.
Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n'appartient pas à l'homme ; l'homme appartient à la terre. Cela nous le savons. Toutes les choses se tiennent, comme le sang qui unit une même famille. 
Toutes les choses se tiennent et tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.
Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie: il en est seulement un fil.
Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même.
Même l'Homme Blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune.
Après tout, nous sommes frères. Nous verrons bien.

Il y a une chose que nous savons et que l'Homme Blanc découvrira peut être un jour : c'est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre : mais vous ne pouvez pas.
Il est le Dieu de l'Homme, et sa pitié est égale pour l'Homme Rouge et le Blanc.


Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre c'est accabler de mépris son créateur. Les blancs aussi disparaîtront. Peut être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.
Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force de Dieu qui vous a amenés jusqu'à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier, vous a fait dominer cette terre et l'Homme Rouge.

Cette destinée est mystère pour nous, car nous ne comprenons pas.

Quand les bisons seront tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés de l'odeur de beaucoup d'hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent......

Alors où seront les fourrés ?
Disparus.

Où sera l'Aigle ?
Disparu.

Et cette disparition marquera la fin de la vie et le début de la survivance."

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